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Je donne

À la défense des affamés

Femme d’affaires autodidacte, Margaret Gilliam a une grande passion : faire du monde un endroit meilleur. Son don exceptionnel de 5 M$ aidera McGill à jouer un rôle de premier plan dans la lutte contre la faim dans le monde.

La professeure Anja Geitmann, doyenne de la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement Margaret Gilliam.
: Tom DiSandolo

À la manière des fils d’une inquiétante tapisserie, les causes de la faim dans le monde – l’épuisement des ressources terrestres et aquatiques, les conflits armés, la pollution, la pauvreté et les changements climatiques – sont complexes et étroitement entrelacées.

L’insécurité alimentaire touche des millions de personnes, de celles vivant dans les bidonvilles et les communautés éloignées de pays en développement aux habitants du monde industrialisé.

Aujourd’hui, un don exceptionnel de 5 millions de dollars de Margaret A. Gilliam, femme d’affaires new-yorkaise diplômée d’un baccalauréat en sciences en 1959, vient redynamiser les efforts des chercheurs de l’Institut pour la sécurité alimentaire mondiale de l’Université McGill. Ceux-ci tenteront de comprendre et résoudre ces problèmes par l’intermédiaire de programmes d’enseignement et de recherche visant des solutions à long terme de production alimentaire durable.

Cet appui fait écho au don de 1,5 million de dollars versé par Mme Gilliam à l’Institut en 2012, qui a permis de créer la chaire professorale Margaret A. Gilliam pour la sécurité alimentaire mondiale – dont le titulaire actuel est M. Hugo Melgar-Quiñonez – ainsi qu’un prix du mérite de cycle supérieur et un cycle de conférences à son nom. Ce dernier don permettra à l’Institut d’aller encore plus loin sous son nouveau nom : l’Institut Margaret A. Gilliam pour la sécurité alimentaire mondiale.

« Un nombre ahurissant de gens, un peu partout dans le monde, souffrent de la faim, et je veux faire ce qui est en mon pouvoir pour les aider, affirme Mme Gilliam. Il faut agir pour que tous aient un accès sécuritaire à des réserves alimentaires suffisantes, sûres et nutritives. »

C’est précisément là la mission de l’Institut pour la sécurité alimentaire mondiale, fondé en 2010 et affilié à la Faculté des sciences de l’agriculture et de l’environnement de McGill. Ses chercheurs ont mis au point des méthodes précises pour évaluer l’insécurité alimentaire et s’attaquent à de nombreux problèmes par le biais de collaborations internationales, dont la création de variétés de pommes de terre nourrissantes en Colombie et la mise en place de structures pour la subsistance et la santé durables au Ghana.

En plus de fournir les fonds nécessaires à la croissance et à la stabilité à long terme de l’Institut, le don de Mme Gilliam servira à financer un Fonds des étudiants aux cycles supérieurs qui proposera des bourses, des stages et de l’aide financière à la recherche sur le terrain. Il permettra aussi la création d’un Groupe de consultation pour la sécurité alimentaire mondiale, grâce auquel l’Institut pourra élargir sa portée en formant des partenariats de travail avec d’autres institutions renommées tout en prenant une part active à la création de politiques.

« J’ai toujours cru que les plus nantis devaient contribuer à rendre le monde meilleur », dit Mme Gilliam, qui a mené une carrière aussi longue qu’enrichissante en tant qu’analyste financière dans le domaine du commerce de détail à New York.

Margaret Gilliam a tracé sa propre voie. Née à Ottawa, elle passe sa jeunesse dans différentes régions du Canada, y compris les campagnes de la Colombie-Britannique, où sa famille exploite une ferme de moutons.

Lorsque vient le temps de choisir une université, Mme Gilliam jette son dévolu sur McGill. Elle a la chance d’être soutenue par sa grand-mère, elle-même une pionnière; en effet, Cairine Reay Mackay Wilson a été la première sénatrice du Canada et, plus tard, la première femme déléguée à l’assemblée générale des Nations Unies.

« Ma grand-mère était une personne astucieuse, déterminée. Elle m’a toujours servi d’exemple », raconte Mme Gilliam.

À McGill, Margaret Gilliam étudie les sciences et compte entreprendre des études en médecine. Toutefois, un oncle pédiatre étouffe ses ambitions. « Il était convaincu que les femmes ne devraient pas exercer la médecine et m’a découragée de faire ces études. Je me suis dit qu’il valait mieux trouver un autre plan. »

C’est en suivant un cours dans le domaine financier et bancaire qu’elle met le doigt dessus; elle soumet avec succès sa candidature au programme Harvard-Radcliffe en administration des affaires. Après l’obtention de son diplôme, Mme Gilliam décroche un poste d’analyste chez Goldman Sachs, ce qui en fait l’une des rares femmes à travailler sur Wall Street à l’époque.

« Dans les années 1970, c’était un domaine particulièrement difficile pour les femmes. J’ai vite compris que je devais me faire entendre si je voulais évoluer à la même vitesse que mes collègues masculins », explique-t-elle.

Mme Gilliam se passionnera ensuite pour le domaine du commerce de détail. Au cours des 30 années de sa carrière, elle apprend à perfectionner ses compétences d’analyste du commerce de détail mondial et devient la conseillère de nombreuses entreprises Fortune 500, telles que Walmart, Home Depot, Nordstrom et Costco. Plus récemment, elle devient une consultante prisée dans son domaine et publie le Gilliam Viewpoint, qui recense les dernières nouvelles de l’industrie.

Mme Gilliam a été tout particulièrement marquée par Sam Walton, fondateur de Walmart. « J’ai eu l’occasion de bien connaître Sam; lui et son épouse Helen soutenaient des projets sociaux et écologiques par l’entremise de leur fondation familiale, ce qui m’a beaucoup inspirée. Helen avait une devise : “Ce n’est pas ce qu’on amasse, mais ce qu’on distribue, qui témoigne du genre de vie qu’on a mené”. »

En distribuant son soutien à la recherche et au rayonnement continus de l’institut qui porte désormais son nom, Margaret Gilliam veille à ce que son alma mater joue un rôle encore plus important dans la lutte internationale contre la faim.